Je vous l'avais dit, le temps des confitures est arrivé !

J'ai trouvé des abricots dits "à confiture" vendus par 5 kg donc j'ai fait ma quinzaine de pots.

Pourquoi faire des confitures alors qu'on trouve tout ce qu'on veut dans le commerce ?

D'abord parce que j'aime ça bien sûr, puis parce que c'est un cadeau qui fait souvent plaisir. (D'ailleurs, j'adore quand on m'en offre !!!).

Et puis parce que c'est loin d'être aussi difficile qu'on veut bien nous le présenter...

Uen vieille image circule pour les confitures : la grosse bassine en cuivre, les pots recouverts de papier, les étiquettes à l'encre... Sauf que, de nos jours, stocker la bassine en cuivre dans un deux pièces ou aligner ses pots dans un confiturier, ça relève du fantasme. Personnellement, j'ai fait mes premières confitures en appartement donc sans aucun matériel dédié. Et comme ça a bien marché, je continue depuis 15 ans...

J'ai résolu le problème de la bassine à confitures en cuivre : je fais mes confitures dans ma cocotte minute. Fond épais, inox facile à nettoyer, stockage dans ma cuisine, utilisation à l'année... C'est moins romantique mais autrement plus pratique. Et puis, si on vit en ville, on a plus rarement 10 kg de confitures à faire à la fois donc, je fais mes confitures avec 2 kg de fruits maxi à chaque fois.

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Les pots : la première fois, j'avais un petit stock de pots : il m'a fallu en acheter des neufs qui étaient plus chers vides que si je l'es avais achetés pleins... Donc être prévoyant, stocker ses pots vides et ne pas hésiter à demander à son entourage. J'en suis à un point où je demande à ma famille de ne me donner que les couvercles, qui s'usent plus vite que les pots en verre et sont moins encombrants à stocker...

La conservation : fini les pots recouverts de papiers de nos grands-mère, voire la stérilisation. Avec les couvercles à vis, on remplit, on ferme le pot bien fort, on le retourne et on aura un pot hermétique qu'on peut conserver quelques années.

 

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Les étiquettes : si on fait ses confitures pour la première fois, on se souviendra de la date mais il vaut mieux étiqueter, ne serait-ce que pour évaluer la pertinence de la recette et ne pas la refaire si elle ne nous a pas convaincu. On vend des étiquettes dans le commerce mais qu'on a du mal à enlever, une fois le pot vide. Moi, je fabrique mes étiquettes en les imprimant tout simplement grâce à l'ordinateur. Je les découpe au ciseau cranteur si je veux faire de l'effet et je les colle... avec du lait. Vieille technique de grand-mère : l'eau du lait s'évapore et il ne reste que le sucre naturel du lait et ça colle. C'est un peu plus fastidieux au départ mais moins que de décoller les étiquettes quand le pot est vide car il suffit de mettre le pot à tremper et ça part tout seul !

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Le sucre : les commerçants ont su s'adapter à un marché en plein essor. On nous propose tout un tas de sucres "spécial confitures" donc, bien sûr, beaucoup plus chers. Pour la plupart des fruits, c'est complètement inutile... D'accord, peut-être que ça va plus vite et le temps c'est de l'argent mais quand même ! Moi, je prends du sucre de base et ça marche très bien avec abricot, prune, pomme, pêche... donc les fruits les moins chers chez moi.

Les parfums :  la mode est à faire des confitures originales. Soit ! Pour manger avec des crêpes, des gateaux roulés... c'est super. Mais si c'est pour le petit déjeuner, je suis moins fan. Donc je fais quand même pas mal de basique car, de toutes façons, la confiture maison basique est toujours meilleure que celle qu'on achète. J'ai juste un petit faible pour le rhum... 

La cuisson : la mode étant à la cuisine, on nous propose tout un tas de matériel, notamment le thermomètre à confitures. Si on veut faire des confitures sophistiquées, pourquoi pas mais je fais sans depuis 15 ans. Au début, j'ai utilisé la techinque de l'assiette : on met une assiette au congélateur - quand on pense que la confiture est cuite, on verse une goutte de confiture sur l'assiette et si elle fige, la confiture est prête. On finit assez vite par "avoir l'oeil" et on voit quand la confiture est prête, surtout quand on fait souvent les mêmes fruits.

Les fruits : bien sûr, on ne prend pas les fruits les plus chers mais on se méfie quand même des fruits dits "à confiture". On ne fera pas une bonne confiture avec de mauvais ingrédients donc éviter les fruits trop verts ou vraiment trop passés. Ils peuvent être un peu trop mûrs mais je ne mets dans mes confitures que des fruits que je peux manger nature. C'est ce qui fait toute la différence avec la confiture industrielle où on utilise les rebuts. Evidemment, l'idéal est d'avoir des arbres fruitiers, ce qui réduit considérablement le coût mais il est rare d'avoir un prunier sur son balcon...

Pour terminer, les références de ma bible des confitures : "le temps des confitures" de Misette Godard collection Livre de Poche Pratique n°8143. Désolée encore une référence qui n'existe plus mais c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures... confitures !!!

 

 Et une recette de base (quand même !) : la confiture d'abricot

Laver les fruits, les dénoyauter et les stocker dans un saladier. Ajouter 3/4 de leur poids en sucre et laisser macérer une dizaine d'heure, si possible en remuant de temps en temps. 

 

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Verser dans la "bassine à confiture" et cuire d'abord sur feu doux, le temps que le sucre ait fondu. Augmenter le feu  jusqu'à ébullition. Attention aux débordements et remuer très souvent pour vérifier que les fruits n'attachent pas. Utiliser une cuillère à manche long. Si c'est une spatule en bois, elle ne doit servir qu'aux confitures (si vous ne voulez pas que vos confitures prennent le goût de votre boeuf bourguignon, c'est mieux).

Pendant ce temps, laver ses pots à l'eau très chaude, les sécher avec un torchon propre et les stocker, retournés (sur un papier essuie-tout par exemple) jusqu'au remplissage. C'est le côté fastidieux mais indispensable si on veut éliminer un maximum de microbes et conserver ses confitures dans de bonnes conditions.

Quand la confiture est prête, verser dans les pots, les fermer, les retourner. Attention, c'est là où on peut se brûler. 

Quand les pots auront tiédi, les retourner et préparer ses étiquettes qu'on collera à froid avec un peu de lait. 

Attendre un peu pour déguster mais rien n'empêche de "nettoyer" sa bassine avec un peu de pain, de brioche... 

Pour les abricots, j'ajoute parfois de la vanille et certains y ajoutent l'amande amère du noyau. Mais attention, l'amande rancit donc à ne pas garder trop longtemps... Si on met de l'alcool, il faut que ce soit au dernier moment pour éviter l'évaporation.

Au moment de les offrir, s'il en reste, on pourra faire une petite déco...

 

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Petit rappel : le principe de la confiture c'est de conserver les fruits qui arrivent tous en même temps afin d'en avoir un peu l'hiver.

Avant de connaitre la stérilisation, on a trouvé la méthode de la conservation dans le sucre ou le miel et la première référence écrite de confitures date du Ier siècle de notre ère.  

Donc, si on veut conserver ses fruits, il faut du sucre et le principe même de la confiture "allégée" est une aberration. Si on veut des fruits sans sucre ou presque, on fait de la compote et on la stérilise mais ça ne sera pas de la confiture. La difficulté est de trouver le juste milieu pour que le goût des fruits ne soit pas altéré par le sucre mais qu'il y en ait assez pour la conservation.

Mieux vaut une cuillère de vraie confiture que deux d'un sous-produit "allégé" ! mais ça n'engage que moi bien sûr...